Le carré véridictoire dans la fiction mbuéenne
Abstract
Le roman d’Imbolo Mbue, How Beautiful We Were, déploie une topographie narrative postcoloniale où s’entrechoquent les logiques hégémoniques d’une multinationale extractiviste, la compromission étatique et la résistance éthique des sujets subalternes de Kosawa. Pour scruter cette architecture textuelle de la tromperie, la présente investigation mobilise le carré véridictoire issu de la sémiotique greimassienne, épistémologie topologique articulant les investissements sémantiques de l’être et du paraître. Ce paradigme théorique permet d’ausculter la diffraction des régimes de véridiction qui président aux interactions conflictuelles, car la compagnie Pexton instaure originairement un contrat fiduciaire fondé sur le simulacre et l’opacité, occultant son ontologie toxique derrière les prestiges fallacieux du développement. À l’orée de cette confrontation, bien que pléthore de travaux critiques aient arpenté les dimensions écocritiques et subalternes de l’œuvre, la stratification cognitive et discursive de ses mutations véridictoires demeure une terra incognita sémiotique. Le texte mbuéen met ainsi en scène la transfiguration d’un actant collectif initialement assujetti à l’illusion, puis propulsé vers l’émancipation par l’épreuve gnosique. Par voie de conséquence, la présente analyse se propose de démontrer comment la structure textuelle articule la conversion véridictoire entre la dissimulation institutionnelle et l’avènement du vrai tragique. L’objectif d'un tel exercice herméneutique consiste à décrypter les parcours narratifs des sujets évaluateurs afin de restituer la cinétique discursive du secret et de la manifestation. Pour satisfaire cette ambition, l’outil méthodologique s’adosse à la sémiotique discursive, dont la pertinence axiologique réside dans sa rigueur modélisatrice des tensions actantielles et des dynamiques doxiques. Toutefois, ce formalisme immanent recèle des limites épistémologiques, frôlant l’immanentisme absolu s’il néglige l’ancrage référentiel et la pragmatique historico-politique du texte. Afin de conduire rigoureusement cette investigation, notre démonstration s’articulera autour de deux axes fondamentaux et complémentaires : le premier, dévolu au régime discursif du simulacre, oscillera entre le paraître-vrai et le secret ; tandis que le second portera sur la dynamique de la véridiction et l’émergence de la vérité tragique.
Imbolo Mbue’s novel, How Beautiful We Were, unfolds a postcolonial narrative topography where the hegemonic logics of an extractivist multinational corporation, state complicity, and the ethical resistance of Kosawa’s subaltern subjects collide. To dissect this textual architecture of deception, the present investigation mobilizes the veridictory square derived from Greimasian semiotics, a topological epistemology articulating the semantic investments of being and seeming. This theoretical paradigm allows us to examine the diffraction of veridictory regimes that govern these conflictual interactions, given that the Pexton company initially establishes a fiduciary contract founded on simulacra and opacity, concealing its toxic ontology behind the fallacious prestige of development. At the threshold of this confrontation, although a plethora of critical studies have explored the ecocritical and subaltern dimensions of the work, the cognitive and discursive stratification of its veridictory mutations remains a semiotic terra incognita. Accordingly, Mbue’s text stages the transfiguration of a collective actant initially subjected to illusion, then propelled toward emancipation through gnosic ordeal. As a result, this analysis aims to demonstrate how the textual structure articulates the veridictory conversion between institutional concealment and the advent of the tragic true. The objective of such an analytical exercise is thus to decipher the narrative trajectories of the evaluating subjects in order to restore the discursive kinetics of secrecy and manifestation. To satisfy this hermeneutic ambition, the methodological tool relies on discursive semiotics, whose axiological relevance lies in its rigorous modeling of actantial tensions and doxic dynamics. However, this immanent formalism conceals epistemological limits, flirting with absolute immanentism if it neglects the referential anchoring and historico-political pragmatics of the text. In order to conduct this analytical investigation, the demonstration will be structured around two fundamental and complementary axes: the first, devoted to the discursive regime of the simulacrum, will oscillate between appearing-true and secrecy; whereas the second will focus on the dynamics of veridiction and the emergence of tragic truth.
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