L’Afrique et la démocratie, une opportunité mal négociée
Abstract
Vu les chemins divers et variés parcourus par les peuples occidentaux avant de parvenir à la démocratie, on est en droit d’affirmer qu’elle émerge à la suite d’un long processus au bout de plusieurs siècles de luttes. Avec l’évolution, elle est considérée comme une exigence pour parvenir au développement. Mais cette exigence semble méconnaître que certains facteurs de la démocratie sont liés aux ressources financières et matérielles. Cette observation est d’autant plus pertinente que les libertés politiques, l’alternance et l’instauration des institutions ne suffisent plus pour se gouverner démocratiquement. Dès lors, le développement, c’est-à-dire la production des richesses et leur bonne gestion, paraît un chemin obligé pour instaurer une vraie démocratie de nos jours. Il se pose plutôt un problème de chronologie entre démocratie et développement. Contrairement à ce que soutiennent les Occidentaux, c’est plutôt le développement qui précède la démocratie au regard de ses nouvelles exigences sociales et économiques. Car la démocratie telle que pratiquée par les gouvernements africains depuis les années 1990 ne permet pas d’assurer une vie décente aux peuples. Elle prend l’allure d’une simple formalité pour répondre aux exigences européennes. Ainsi, les objectifs de la réflexion consistent à présenter les libertés fondamentales et le fonctionnement des institutions comme insuffisants pour atteindre le développement. Ils visent également à dépasser la théorie qui fait de la démocratie la voie prioritaire du développement. Ils visent enfin à inverser l’ordre et faire du développement le pilier de la démocratie et non le contraire. La rédaction de cet article repose sur la collecte d’ouvrages, d’articles et de documents de séminaires et de colloques, dont les contenus sont passés en revue et soumis à des analyses synthétiques et comparatives. La pensée critique des systèmes démocratiques a servi aussi de méthode d’analyse pour l’élaboration du document.
Given the diverse and varied paths taken by Western societies before achieving democracy, it is fair to say that it emerges as the result of a long process, following centuries of struggle. With the times, it is now seen as a prerequisite for development. This view, however, seems to overlook the fact that certain aspects of democracy are tied to financial and material resources. This observation is all the more relevant given that political freedoms, the rotation of power, and the establishment of institutions are no longer sufficient for democratic governance. Consequently, development—that is, the production of wealth and its sound management—appears to be an indispensable path to establishing true democracy today. Rather, there is a question of chronology between democracy and development. Contrary to what Westerners maintain, it is development that precedes democracy in light of its new social and economic demands. Democracy, as practiced by African governments since the 1990s, does not ensure a decent life for the people. It has become little more than a formality designed to meet European requirements. This paper focuses on demonstrating that fundamental freedoms and the functioning of institutions are insufficient to achieve development. It also aims to move beyond the theory that posits democracy as the primary path to development. Finally, it aims to reverse the order and make development the pillar of democracy, rather than the other way round. This article is based on a collection of books, articles, and documents from seminars and conferences, the contents of which have been reviewed and subjected to synthetic and comparative analyses. Critical thinking regarding democratic systems also served as a method of analysis for the preparation of this study.
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