Le carré véridictoire et les régimes de la tromperie dans How Beautiful We Were d’Imbolo Mbue
Abstract
Le roman d’Imbolo Mbue, How Beautiful We Were, déploie un univers postcolonial où s’affrontent les intérêts d’une multinationale pétrolière, la compromission de l’État et la résistance des villageois de Kosawa. Pour analyser cette architecture de la tromperie, la présente étude mobilise le carré véridictoire de la sémiotique greimassienne, un outil qui articule les notions d’être et de paraître. Ce cadre théorique permet d’examiner comment la compagnie pétrolière Pexton instaure un contrat fondé sur le simulacre et l’opacité, masquant sa toxicité derrière les promesses fallacieuses du développement. Si de nombreux travaux critiques ont déjà exploré les dimensions écocritiques et postcoloniales de l’œuvre mbuéenne, la manière dont le texte orchestre ses mutations de vérité reste encore peu étudiée. Ce roman décrit ainsi un village initialement prisonnier de l’illusion, puis conduit vers la prise de conscience par l’épreuve de la vérité. Dès lors, cette étude se propose de montrer comment la structure textuelle articule le passage entre la dissimulation institutionnelle et l’avènement d’un vrai tragique. L’objectif d’un tel exercice analytique est d’analyser les parcours narratifs pour restituer la dynamique du secret et de la révélation. Pour ce faire, la présente étude s’appuie sur la sémiotique discursive, une approche indispensable pour modéliser rigoureusement les tensions actantielles et la guerre des discours qui structure le texte mbuéen. Cependant, en dépit de ce formalisme strict, l’investigation veille à ne pas s’enfermer dans une approche purement immanente, arrimant ainsi l’analyse textuelle à la réalité historique, politique et référentielle que ce roman porte et reflète. Afin de conduire rigoureusement cette exégèse, il importe de l’articuler autour de deux axes fondamentaux et complémentaires : le premier, dévolu au régime discursif du simulacre, oscillera entre le paraître-vrai et le secret ; tandis que le second portera sur la dynamique de la véridiction et l’émergence de la vérité tragique.
Imbolo Mbue’s novel How Beautiful We Were unfolds a postcolonial universe where the hegemonic interests of an oil multinational, state complicity, and the ethical resistance of the subaltern villagers of Kosawa collide. To analyze this architecture of deception, the current study uses the veridictory square of Greimassian semiotics, a tool that articulates the notions of being and appearing. This theoretical framework makes it possible to examine how the oil company Pexton establishes a contract founded on simulacra and opacity, masking its toxic nature behind the fallacious promises of development. While numerous critical works have already explored the ecocritical and postcolonial dimensions of the Mbuean work, the way the text orchestrates its mutations of truth remains underexplored. The novel thus describes a village initially imprisoned in illusion, then led toward awareness through the trial of truth. Accordingly, this study aims to demonstrate how the textual structure articulates the transition between institutional concealment and the advent of a tragic truth. The objective of such an analytical exercise is to examine narrative trajectories in order to restore the dynamics of secrecy and revelation. To this end, the current study relies on discursive semiotics, an indispensable approach for rigorously modeling actantial tensions and the war of discourses structuring the Mbuean text. However, despite this strict formalism, the investigation ensures it does not lock itself into a purely immanent approach, thereby anchoring the textual analysis to the historical, political, and referential reality that the novel under consideration carries and reflects. To conduct this exegesis rigorously, it is necessary to structure it around two fundamental and complementary axes: the first, devoted to the discursive regime of the simulacrum, will oscillate between seeming-true and secrecy; while the second will focus on the dynamics of veridiction and the emergence of tragic truth.
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